Quelle farine pour faire une pizza​ ?

Réussir une pizza maison commence par le choix de la farine. Cet ingrédient fondamental détermine la texture, l’élasticité et le goût final de votre pâte. Entre les différentes typologies françaises et italiennes, les indices de force et les taux de gluten, faire le bon choix peut sembler complexe. Pourtant, quelques principes simples vous permettront de sélectionner la farine idéale selon vos préférences et vos attentes gustatives.

Comprendre les classifications et la force d’une farine

En France, les farines se classent selon un système de types allant de T45 à T150. Plus le numéro est élevé, plus la farine contient de minéraux et de fibres. La T45 représente la farine la plus raffinée, tandis que la T150 est une farine intégrale conservant toute l’enveloppe du grain. Pour la pizza, les types T45 et T55 sont particulièrement recommandés grâce à leur finesse et leur capacité à développer le gluten.

Les classifications italiennes fonctionnent différemment avec les types 00, 0, 1, 2 et integrale. Cette nomenclature mesure également le raffinage de la mouture. La correspondance est relativement simple : la farine italienne 00 équivaut à notre T45, la 0 correspond à la T55, et ainsi de suite. Ces farines transalpines bénéficient généralement d’une meilleure valeur boulangère, ce qui les rend particulièrement adaptées aux longues fermentations.

Au-delà du type, la force de la farine constitue un critère essentiel. Exprimée par l’indice W, elle mesure la capacité de la farine à retenir les gaz pendant la fermentation. Pour la pizza, privilégiez un indice compris entre 240 et 400 W. Une farine forte garantit une pâte élastique, facile à travailler et capable de bien lever. Plus l’indice W est élevé, plus le temps de fermentation peut s’allonger et meilleure sera la digestibilité finale.

Indice W Type de pâte Caractéristiques
W240-W300 Pizza napolitaine Empâtement direct, équilibre ténacité-élasticité
W300-W340 Pâte développée Empâtement indirect, texture aérienne
W340-W400 Longue fermentation Temps de repos prolongé, hydratation élevée

Les types de farine à privilégier en fonction de la consistance souhaitée

Pour obtenir une pizza napolitaine authentique avec une pâte épaisse et moelleuse, la farine T45 ou son équivalent italien 00 s’impose comme le meilleur choix. Sa grande finesse et sa richesse en gluten permettent de réaliser ces pâtes particulièrement fines que l’on étire à la main. L’élasticité exceptionnelle de cette farine facilite le travail de la pâte et garantit une texture souple après cuisson.

Si vous préférez une pizza plus croustillante avec une base fine et légère, orientez-vous vers la farine T55 ou type 0 à l’italienne. Cette farine produit une pâte moins épaisse qui croustille davantage à la cuisson. Elle convient parfaitement aux pizzas de style romain ou aux bases fines que l’on garnit généreusement.

La farine de gruau représente une alternative premium. Il s’agit d’une farine T45 ou T55 issue de blés tendres de haute qualité, naturellement plus riche en protéines. Sa teneur élevée en gluten procure une élasticité remarquable. Les professionnels l’utilisent fréquemment car elle supporte admirablement bien les temps de levée prolongés. Pour un résultat optimal, vous pouvez la mélanger à parts égales avec une farine blanche classique.

Le gluten joue un rôle déterminant dans la réussite de votre pâte. Cette protéine confère à la pâte son élasticité et sa capacité à lever. Plus une farine est raffinée, plus elle contient de gluten. C’est précisément cette caractéristique qui rend la pâte facile à pétrir et à étaler au rouleau. En revanche, les farines complètes contiennent trop de fibres et produisent une pâte friable, cassante et difficile à travailler. Si vous souhaitez incorporer de la farine complète pour ses bienfaits nutritionnels, limitez-vous à 20 % maximum du mélange total.

Quelles sont les farines alternatives pour réaliser une bonne pâte à pizza

Pour varier les plaisirs et découvrir de nouvelles saveurs, vous pouvez mélanger votre farine de blé avec d’autres farines à hauteur de 30 % maximum. Le sarrasin apporte une note rustique et légèrement amère, le maïs offre une touche sucrée, tandis que la châtaigne procure un goût subtil et délicat. Ces mélanges originaux transforment votre pizza traditionnelle en une création gustative unique.

Pour les personnes souffrant d’allergies ou d’intolérances au gluten, la pizza sans gluten devient accessible grâce aux mélanges spécialisés. L’idéal consiste à combiner de la farine de riz blanc, de la fécule de pomme de terre, de la fécule de maïs et de la gomme xanthane. Cette dernière imite la texture élastique habituellement fournie par le gluten. Des farines professionnelles certifiées sans gluten existent désormais dans le commerce et simplifient grandement la préparation.

Les farines anciennes comme l’épeautre ou le petit épeautre offrent une dimension nutritionnelle intéressante. Riches en protéines et en minéraux, elles confèrent à la pâte une saveur plus prononcée et une texture unique. Pourtant, leur usage nécessite quelques ajustements dans les proportions d’eau et le temps de pétrissage. Si vous envisagez une fermentation au levain pour 500g de farine, ces farines anciennes peuvent particulièrement bien convenir.

Quelques astuces pour réussir la préparation de sa pâte à pizza

La réussite d’une pâte à pizza repose sur plusieurs principes fondamentaux. Prévoyez une hydratation entre 60 % et 70 % du poids de farine pour obtenir une pâte souple et aérée. Si vous recherchez plus de croustillant, ajoutez une petite quantité de semoule fine à votre farine. Privilégiez toujours des produits de première qualité, idéalement issus de l’agriculture biologique.

Assurez-vous que vos ingrédients sont à température ambiante, notamment l’eau et la levure. Cette précaution permet une levée homogène de la pâte. L’ajout d’huile d’olive enrichit les arômes et confère du moelleux à la préparation. Le pétrissage constitue une étape cruciale : travaillez la pâte pendant environ 10 minutes jusqu’à obtenir le fameux « voile », cette capacité à étirer un morceau de pâte au point de voir au travers sans qu’elle se déchire.

Le temps de repos mérite une attention particulière. Formez une boule, placez-la dans un récipient couvert d’un torchon humide et laissez-la lever tranquillement. La pâte doit doubler de volume. Pour un résultat optimal, laissez reposer votre pâte entre 24 et 96 heures au réfrigérateur. Cette fermentation prolongée améliore considérablement le goût et la digestibilité. Les arômes se développent naturellement pendant ce temps de maturation.

Pour la levée, plusieurs techniques s’offrent à vous. L’hiver, placez votre pâte dans le four éteint avec uniquement la lumière allumée. La chaleur de l’ampoule suffit à garantir une température adéquate. En été, la température ambiante convient parfaitement. Vous pouvez également recouvrir le récipient avec un torchon humide chaud ou disposer un bol d’eau chaude sous la grille du four.

Avec 500 grammes de farine, vous réaliserez deux belles pizzas. Divisez le pâton en deux portions égales et étalez-les sur un plan de travail légèrement fariné. Utilisez un rouleau pâtissier pour chasser l’air et obtenir une épaisseur régulière. Pour l’étalage, certains professionnels utilisent un mélange de farine et de semoule, mais la farine utilisée pour préparer la pâte fonctionne parfaitement. Si vous souhaitez congeler votre préparation comme on décongèle du pain, formez votre boule juste après le pétrissage, farinez-la, filmez-la au contact avant la pousse et réservez-la plusieurs semaines au congélateur.

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