Pourquoi tamiser la farine​ ?

Le tamisage de la farine est une pratique ancestrale qui divise aujourd’hui les cuisiniers. Cette technique consiste à faire passer la poudre à travers un tamis ou une passoire fine pour obtenir une texture plus légère et homogène. Si nos grands-mères ne juraient que par cette méthode, son utilité fait aujourd’hui l’objet de débats dans le monde culinaire moderne.

Les bénéfices traditionnels du filtrage de la farine

L’aération de la farine représente l’un des avantages majeurs du tamisage. En passant à travers les mailles fines, la poudre incorpore davantage d’air, ce qui améliore significativement la levée des pâtes et des gâteaux. Cette opération garantit des produits finis plus légers et moelleux, particulièrement appréciés dans les préparations délicates comme les macarons ou l’Angel cake.

L’élimination des grumeaux constitue également une raison importante de pratiquer cette technique. Ces amas de farine peuvent perturber la consistance de vos préparations, créant des zones plus denses ou plus sèches. Le passage au tamis permet de briser ces agglomérats et facilite l’incorporation uniforme aux autres ingrédients.

Autrefois, nos aïeules tamisaient systématiquement leur farine pour éliminer les impuretés éventuelles : fragments de balle, insectes indésirables ou autres contaminants. Cette pratique était d’autant plus cruciale que la farine était souvent achetée en vrac et conservée dans de grands sacs en jute, conditions favorables au développement de parasites. La chaleur et l’humidité restent aujourd’hui des facteurs propices à ces problématiques, particulièrement avec les farines biologiques.

Le mélange homogène des ingrédients secs représente un autre avantage notable. Lorsque vous ajoutez de la levure chimique, du bicarbonate, du sel ou du cacao en poudre à votre farine, le tamisage assure une répartition uniforme essentielle pour obtenir des pâtisseries levées de manière homogène. Cette précaution permet également d’affiner vos mesures, car la farine tamisée présente une densité différente de la farine compactée.

La remise en question d’une pratique ancestrale

Les farines modernes disponibles dans le commerce subissent déjà de multiples moutures, entre huit et quatorze étapes selon les fabricants. Ce processus industriel de blutage élimine théoriquement toutes les impuretés, rendant le tamisage domestique superflu pour les farines raffinées. Certains experts culinaires considèrent désormais cette pratique comme un mythe qui n’améliore pas réellement les préparations, même si elle ne les détériore pas non plus.

Toutefois, cette affirmation mérite d’être nuancée concernant les farines complètes et biologiques. Ces produits contiennent naturellement du son et présentent parfois des risques de contamination par des parasites, surtout lors de conditions de stockage inadéquates. Le Rav Rottenberg du Centre Israélite Orthodoxe de Paris exige d’ailleurs le tamisage depuis plusieurs années dans les établissements sous sa surveillance, suite à des constats répétés de contamination.

Pour bien comprendre cette différence, voici un tableau comparatif des farines selon leur traitement :

Type de farine Traitement industriel Nécessité du tamisage
Farine blanche raffinée (T55, T65) 8 à 14 moutures Optionnel
Farine complète Mouture avec son Recommandé
Farine biologique Sans traitement chimique Fortement conseillé
Farines spéciales (châtaigne, seigle) Variable Selon conservation

La conservation appropriée joue un rôle crucial dans la nécessité de tamiser. Les farines biologiques nécessitent un stockage dans des boîtes hermétiques, idéalement au congélateur ou dans une pièce fraîche ne dépassant pas dix-neuf degrés. Le réfrigérateur est déconseillé à cause de l’humidité excessive qui favorise la formation de grumeaux.

Les méthodes alternatives pour filtrer sans tamis

Si vous ne possédez pas de tamis traditionnel, plusieurs alternatives efficaces existent. La technique au fouet manuel constitue la méthode la plus accessible : versez la totalité de votre farine dans un grand saladier et effectuez des mouvements circulaires rapides pour l’aérer et briser les grumeaux. Cette approche incorpore suffisamment d’air pour rendre la poudre plus légère et fluide.

Une simple passoire à trous fins ou un chinois remplacent avantageusement le tamis spécialisé. Placez votre récipient sur le plan de travail, positionnez la passoire au-dessus et tapotez délicatement le rebord avec une cuillère. Vous pouvez également décrire de petits cercles pour faciliter le passage de la farine à travers les mailles.

Pour les adeptes de cuisine moderne, le robot ménager offre une solution pratique. Versez votre farine dans le bol, fermez le couvercle et faites tourner l’appareil pendant environ cinq minutes. Cette méthode convient particulièrement pour déterminer les proportions exactes de levain nécessaires à vos préparations boulangères.

Voici quelques astuces improvisées particulièrement utiles :

  • Utilisez un torchon propre pour les petites quantités : versez la farine dessus, puis soulevez et secouez délicatement
  • Employez du papier parchemin replié en entonnoir pour tamiser doucement en secouant
  • Adoptez une fourchette pour briser rapidement les grumeaux dans de petites portions

L’incorporation progressive des ingrédients reste essentielle même sans tamisage préalable. Ajoutez votre farine ou votre sucre par petites quantités dans les ingrédients liquides en mélangeant continuellement. Évitez de fouetter trop vigoureusement car cela risque de créer des poches d’air qui favoriseront la formation de grumeaux.

Après avoir maîtrisé ces techniques de base, vous pourrez optimiser la conservation de vos préparations pour prolonger leur fraîcheur. Cette attention portée aux détails fait toute la différence entre une pâtisserie ordinaire et une création véritablement réussie.

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